Monnaie : ne pas oublier notre « finitude »

Patrick Viveret

A l’occasion de la conférence à Romans de Patrick Viveret sur « reconsidérer la richesse », un temps fut consacré à « reconsidérer la monnaie » à la suite duquel une question fut posée sur « l’intérêt des monnaies locales complémentaires » (MLC). Cette question, tout projet de MLC qui en a accepté la dimension eSpérimentale ne peut pas ne pas se la poser.

C’est à cette question que j’entends répondre ((Une fois de plus ; car, j’ai déjà abordé cette question dans « Réussir la Mesure, mesurer la réussite » et dans « A quoi sert une monnaie locale ? ».)), tout en m’appuyant sur des éléments de la conférence de Patrick Viveret. Lire la suite

La fatigue d’Atlas

La fatigue d’Atlas

La « fatigue d’Atlas », c’est la fatigue de l’homme ordinaire qui subit la pression de devoir être au centre de son monde, de sa vie, de ses valeurs, comme s’il devait toujours être à l’origine de toute sa vie.

Comment néanmoins respecter une dignité du quotidien, comment vivre dans la décence ordinaire ? En quoi pourrait bien consister un réel/effectif ((qui soit désirable, viable et soutenable.)) « souci du quotidien » = dans une originalité/créativité ordinaire/quotidienne ou bien dans le soin/sollicitude qu’on y met ?

Gilbert Garcin – Atlas heureux

Quel serait l’exemple d’une vie réussie au quotidien ? Hésiter ente 2 « modèles » : l’artiste ou le « soigneur » ?

  • D’un côté, quand on prend l’artiste comme « modèle », une vie réussie est une création valorisant la capacité à créer sa vie comme une œuvre d’art : ce qui est mis en avant c’est une liberté comme autonomie, voire comme indépendance. La tentation de réenchanter le quotidien par l’extra-ordinaire ?
  • De l’autre côté, quand on prend le « soigneur » comme « modèle », réussir sa vie c’est faire attention à celui qui ne peut assumer à lui tout seul les conditions de son autonomie : car il se trouve dans une situation d’hétéronomie et plus clairement de dépendance. La tentative de « réenchanter le quotidien par l’ordinaire » ?

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Lecture de L’obsolescence de l’homme, I

Lecture de L’obsolescence de l’homme, I

Une lecture suivie des essais qui composent le maître-livre de Günther Anders, L’obsolescence de l’homme (1956).

Le sous-titre est explicite : Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle. Ce dont il s’agit, c’est de la question politique du sens ; du sens de la politique. C’est une question morale.

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Dissidence et décence ordinaire

La résistance au mal ne suppose ni héroïsme ni esthétisation de la contre-violence : juste la capacité de dire non à l’insupportable dans les circonstances les plus usuelles de la vie ordinaire : nous n’avons pas tant besoin de virtuoses de la morale que d’être humains dotés de ce que Orwell nomme la common decency.

Michel Terestchenko (Revue du M.A.U.S.S. n°39, pp.321-331) évoque 3 formes de cette résistance ordinaire :

  • la capacité à traiter comme des êtres humains à part entière ceux qu’une idéologie ou un régime excluent de l’humanité : c’est la bonté, toute simple.
  • le souci de la vérité (car l’usage politique du mal est toujours secret ; aussi importe-t-il d’en assurer la publicité).
  • la volonté de maintenir un rapport authentique au langage, car « les mots sont importants » : « écrire ou réciter des poèmes, dans ces circonstances, c’est encore croire au sens, à une certaine forme de rationalité qu’exprime la grammaire » (p.329).

Une politique du mieux

Pourquoi ce sentiment que la litanie des appels à l’union n’est plus que rite ? Sentiment peut-être d’autant plus injustifié qu’il resterait sourd à cette « inouïe » nouveauté qui, au travers de revendications juxtaposées, mériterait d’être vraiment écoutée : il faut réunir le social et l’écologie, il faut faire rimer le rouge et le vert, il faut penser ensemble la crise sociale et la crise environnementale.

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