J’ai lu : Terre et Liberté, d’Aurélien Berlan

Si la liberté n’est pas délivrance, c’est qu’elle est autonomie. Parce qu’il n’y a pas de liberté comme délivrance (matérielle) sans domination comme pouvoir (politique) de faire faire. Par conséquent, a contrario, si l’on veut se délivrer de la domination, alors il faut se libérer de la conception libérale de la liberté comme délivrance : c’est à cela qu’Aurélien Berlan consacre le concept d’autonomie.

Si des dominants veulent être délivrés des tâches quotidiennes pour se consacrer à celles qui donnent du pouvoir, alors la lutte contre la domination – pour la liberté -, c’est la réhabilitation des tâches quotidiennes, c’est la reprise en charge des moyens de subsistance, c’est le retour à la terre.

Moins de récits, petits ou grands ; mais des discussions, petites ou grandes

Nous voilà aujourd’hui envahi par les récits, des grands et des petits ; des récits partout. Il ne s’agit même plus de persuader, encore moins de convaincre, juste de séduire. C’est la victoire mentaliste de la publicité, partout, tout le temps.

Tous ces récits ont tous en commun de faire écran – ils font le spectacle et ils font barrage – au discutable.

Délires libéraux de l’indépendance en société de croissance

La « dépendance » possède deux opposés et toute la mystification de l’idéologie libérale consiste à occulter ce qui est « interdépendance » au seul profit de ce qui est indépendance.

Aujourd’hui une dialectique biaisée entre dépendance et indépendance prend toute la place et invisibilise les interdépendances qui en sont pourtant le socle social.

De quelques essais pour flâner en décroissance

Cela fait maintenant 2 années que j’essaie d’écrire à un rythme (presque) mensuel cette lettre du 12. J’ai beaucoup de retours encourageants et cela me permet de m’acharner à une réflexion en profondeur en faveur d’une décroissance qui sortirait enfin de son premier âge des généralités.  

Bien sûr, il existe déjà un champ académique (et universitaire) consacré à la décroissance.

Bien sûr il existe aussi une nébuleuse d’engagements aussi bien individuels que collectifs qui ne sont pas rétifs à être caractérisés comme « décroissants ».

J’ai lu : Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, de Bruno Latour

Au premier âge de la décroissance, il faut freiner le train et l’arrêter en gare. Au deuxième âge, le train a dépassé la gare, il faut le stopper et repartir dans l’autre sens. Dans le troisième âge, le train a à ce point dépassé la gare que, le temps de le rattraper et de revenir en arrière, la gare a disparu. Dans le quatrième, nous sommes la zone sur laquelle il y a eu une gare, des rails, un train.

J’ai lu : Le monde quantique et la conscience, d’Henry P. Stapp

Ne faudrait-il pas opposer aux « objets galiléens » des « objets quantiques » ? Nous sortirions à la fois et de la neutralisation de la nature (qui en fait un stock de ressources abondantes et gratuites) et du piège de l’anthropomorphisation antihumaniste de la nature (qui est une contradiction).
La nature reste ainsi un « tout » dont nous faisons partie sans pour autant nous expulser du cadre. Les humains peuvent alors être non pas ceux qui défendent le cadre mais le cadre qui se défend, non pas au nom d’une réalité vivante mais au nom d’une réalité psychophysique.