Extension du domaine de la haine

Voici une version longue de mon intervention le samedi 28 février à Fontaine (38), au 4ème Forum de la désobéissance

Les riches des beaux-quartiers ont toujours détesté la pauvreté et méprisé les pauvres. Dans un livre récent, le sociologue Nicolas Jounin remarque que leur attitude « oscille entre deux pôles. Elle prend plutôt l’aspect d’une bienveillance paternaliste (à l’occasion raciste) lorsque les membres de ces groupes sociaux occupent une position définie (et subalterne). Elle se mue en hostilité craintive quand les mêmes viennent pour leurs propres affaires ; elle conduit alors à stigmatiser la « faune » »[1].

Mais les nouveaux enrichis d’aujourd’hui ne se contentent plus de cette morgue traditionnelle et semblent changer de registre : ils passent du mépris des pauvres à la haine des appauvris. Lire la suite

Arrêter les nucléaires

Arrêter les nucléaires

Nagasaki, 9 août 1945

La question du nucléaire est une entrée pour une remise en cause générale du monde actuel et de ses modes d’oppression ((Irène Pereira, Les grammaires de la contestation, chap.10, Paris, 2010.)) (domination politique, exploitation économique et discrimination culturelle) ; car le nucléaire est un « monde ». Pourquoi l’arrêter ?

De la réponse à cette question va dépendre directement le « comment ? » et surtout la question cruciale « quand ? ». C’est pour en discuter sans esquive que nous devrons définir 4 verrous à lever pour réellement ouvrir le débat :

Lire la suite

Les limites de la connaissance scientifique

Il importe tout d’abord d’admettre que la question – la connaissance scientifique a-t-elle des limites ? – n’est guère compréhensible en raison des ambiguïtés qui portent sur chacun des termes significatifs qui la composent.

  1. Qu’est-ce qu’une connaissance ? Sous-entendu, si toute connaissance est la connaissance d’une vérité, que faut-il entendre par vérité ?
  2. Qu’est-ce qu’une science ? Poser cette question revient-il à se demander ce qu’est la science ?
  3. Enfin qu’est-ce qu’une limite ?

Lire la suite

De la Vérité et du mésusage d’une majuscule.

A propos d’une polémique sur le site du Grand Soir, qui se présente comme un « journal militant d’informations alternatives » : http://www.legrandsoir.info/

Plus particulièrement sur le relais très complaisant qu’ils font au mouvement ReOpen911 et sur leur soutien à ce qu’ils appellent « la plus importante campagne pour la Vérité sur le 11/9 jamais lancée « .

Lire la suite

Pour les réseaux, quelle utopie ?

A quelles conditions les alternatives concrètes et les initiatives de contre-pouvoir peuvent-elles atteindre une « masse critique » ?

L’un de ces conditions est la mise en réseau de ces alternatives concrètes que j’appelle des « utopistes ».

Il faut d’abord comprendre qu’il n’y a besoin de réseau que s’il y a – au préalable – des initiatives à relier ; ces initiatives sont des « relocalisations » : habiter, manger, se déplacer, travailler, échanger, apprendre, etc.

Lire la suite

Procédures et processus

Je ne suis pas sûr que tout le monde soit passionné par ces questions de forme, alors je donne un argument : définir une procédure comme un processus, c’est faire que des questions de forme deviennent des questions de fond : regarder par exemple ce petit film sur les monnaies libres, et se demander s’il parle de la monnaie, des logiciels libres, du vivant ou du libertinage  : http://monnaie-locale-romans.org/?p=20)

Lire la suite

Comment organiser un réseau sans le structurer ?

Cette proposition de réglement intérieur pour une confédération des OC s’est inscrite dans le cadre de la préparation de l’AG extraordinaire de l’AdOC à Beaugency qui a eu lieu en mai 2010.

Cette proposition – plutôt très innovante – de règlement intérieur vise explicitement à organiser sans structurer pour redonner vie à la politique. D’où des règles « de procédure » pour organiser la co-construction de règles de fonctionnement si usage se fait sentir ; d’où des règles de transparence, seules conditions d’une pleine démocratie ; d’où des règles d’efficacité et de résilience pour faire vivre l’objection de croissance en réseau.

Lire la suite

Lecture de L’obsolescence de l’homme, I

Lecture de L’obsolescence de l’homme, I

Une lecture suivie des essais qui composent le maître-livre de Günther Anders, L’obsolescence de l’homme (1956).

Le sous-titre est explicite : Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle. Ce dont il s’agit, c’est de la question politique du sens ; du sens de la politique. C’est une question morale.

Lire la suite