A quoi bon être décroissant à l’ère de l’anthropocène ?

Ré-écriture de mon intervention du mercredi 15 mai dans le cadre des Entretiens de l’anthropocène, débat avec Luc Semal (Institut Momentum), animé par Aurélie Trouvé (Attac) : Expériences passées et initiatives de sobriété et décroissance par en bas, populaire et joyeuse, aux antipodes d’une éco-technocratie.

Cette intervention prétend être un plaidoyer pour les expérimentations minoritaires à une époque où tout résidu d’espérance politique semble avoir disparu pour laisser place à la gestion quotidienne des concessions que les dominés et leurs représentants ne cessent d’accepter en faveur des dominants. Que devons-nous (nous) demander pour que ces expérimentations soient joyeuses ? Lire la suite

Politique(s) de la décroissance

Politique(s) de la décroissance

politiquesCet essai est paru mi-juin 2013 ; je tiens à remercier les éditions Utopia. En cliquant sur ce lien, vous pouvez en lire les premières pages.

LE MOUVEMENT DE LA DÉCROISSANCE se doit d’entrer dans une nouvelle phase. Il ne suffit plus de dénoncer l’impasse de la croissance, d’annoncer la catastrophe qui vient, de prophétiser tel ou tel effondrement.

Entre le rejet du monde d’hier et le projet de celui de demain, c’est d’un trajet dont nous avons besoin, pour ici et maintenant. Mais est-ce suffisant de définir la décroissance comme un trajet ? Lire la suite

Notre décroissance n’est pas de droite

Notre décroissance n’est pas de droite

Ouvrage collectif que j’ai eu le plaisir de coordonner, paru en septembre 2012 chez Golias

Des lignes bougent, « indignation », « transition », « désobéissance », « sécession », des cris s’entendent pour tenter de bousculer une démocratie anesthésiée. A la croisée, en ligne de mire ou en filigrane, la « décroissance » doit maintenant prendre toutes ses responsabilités politiques. Bien sûr dans les « utopies concrètes », les alternatives, les expérimentations sociales, et cela dans tous les domaines de la « vie bonne » : alimentation, santé, logement, éducation, culture. Lire la suite

Masse critique et suffisance

Au coeur de la pratique politique du Mouvement des objecteurs de croissance (le MOC), se trouve la notion de « masse critique ». Dans cette manière de Penser et Faire la transition, sont en jeu : les expérimentations sociales, les alternatives concrètes, les rapports avec les autres partis/mouvements de la gauche anti-productiviste et anti-capitaliste, avec les décroissants, avec les mouvements sociaux. Cette expression ne doit pas être une « formule magique » et certaines confusions doivent être rapidement levées ((On l’a vu récemment avec les analyses confuses de certains sur les retraites, avec les procès d’intention contre le MOC, avec les ambiguïtés portées par certains groupuscules décroissants dans nos rapports aux élections, aux militants, aux « vrais gens »…)) : surtout ne pas réduire cette « masse critique » à une accumulation comptable de « vrais gens » dépolitisés !

  1. La masse critique, c’est qui ?
  2. La masse critique, c’est combien ?
  3. La masse critique, c’est comment ?
  4. La masse critique, c’est quand ? C’est « sans attendre, sans illusion ».

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Analyse de la pratique / Synthèse de la pratique

De retour de Besançon où j’ai pu intervenir à la suite du film In Transition : from oil dependency to local resilience, (http://www.vimeo.com/16000409) , je voudrais revenir sur trois points abordés dans le débat qui a suivi la projection.

  1. Y a-t-il des villes en transition en France ? La réponse est oui. On peut trouver des informations sur deux sites. L’équivalent francophone de http://www.transitionnetwork.org/ est http://www.villesentransition.net/. Et il y a aussi un site français : http://www.transitionfrance.fr/.
  2. Quant à la façon dont la décroissance « fait » de la politique : les nécessaires cohérences entre le fond (l’objection de croissance) et la forme (le rapport au pouvoir, tant en interne qu’en externe). J’y ai défendu la nécessité d’un « moment libertaire » dans l’organisation politique de la décroissance. Lire la suite

Le trajet de l’escargot

Il est fondamental pour l’objection de croissance en politique de lier le chemin et le but, le trajet et le projet, la méthode et le contenu : la stratégie de la transformation et la décroissance ; pour adopter une stratégie de l’escargot : le trajet de l’escargot.

  • D’une part, la stratégie de la révolution lente ne semble cohérente qu’à partir de la décroissance : car la sortie sans tarder du capitalisme passe précisément par des initiatives d’alternatives décroissantes. A quoi cela servirait-il d’aller lentement si les initiatives prises ne vont pas dans le sens de la décroissance des inégalités, de la décroissance de l’empreinte écologique, dans le sens de la croissance de la dignité et de la reconnaissance ? Lire la suite