De l’antiproductivisme à la construction d’un espace écologique commun

Intervention en août 2013 à Notre Dame des Landes.

Définition de l’espace écologique : penser et agir entre un plancher et un plafond. Sur le modèle de l’empreinte écologique :

  • Sous un plafond, une vie décente n’est plus possible et c’est la misère (manque du nécessaire).
  • Au-delà d’un plancher, c’est le dépassement insoutenable de la capacité de charge écologique de notre planète.

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Projet ascendant et descendant : le cas d’une monnaie locale

Projet ascendant et descendant : le cas d’une monnaie locale

Le point de départ de ces réflexions est la demande, qui m’avait été faite pour les 4èmes rencontres des porteurs de projet de monnaies locales complémentaires (MLC) qui ont eu lieu à Villeneuve sur Lot en octobre 2011, d’animer une discussion sur les motivations des porteurs de projet, avec pour perspective la distinction entre projets « ascendant » (bottom-up) et « descendant » (top-down). Cette discussion me semble déterminante pour la prise de conscience qui doit accompagner nos types de projets qui sont des « expérimentations sociales », autrement dit des explorations qui ne rejettent nullement les considérations théoriques ou idéologiques mais qui préfèrent tirer des leçons à partir des pratiques, par une méthode des essais et des erreurs, par des tâtonnements. Cette prise de conscience, j’écris qu’elle doit « accompagner » plutôt que « précéder », et il y a là toute une pédagogie mise en pratique : c’est le Faire qui doit plutôt alimenter le Dire et le Comprendre.

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La fatigue d’Atlas

La fatigue d’Atlas

La « fatigue d’Atlas », c’est la fatigue de l’homme ordinaire qui subit la pression de devoir être au centre de son monde, de sa vie, de ses valeurs, comme s’il devait toujours être à l’origine de toute sa vie.

Comment néanmoins respecter une dignité du quotidien, comment vivre dans la décence ordinaire ? En quoi pourrait bien consister un réel/effectif ((qui soit désirable, viable et soutenable.)) « souci du quotidien » = dans une originalité/créativité ordinaire/quotidienne ou bien dans le soin/sollicitude qu’on y met ?

Gilbert Garcin – Atlas heureux

Quel serait l’exemple d’une vie réussie au quotidien ? Hésiter ente 2 « modèles » : l’artiste ou le « soigneur » ?

  • D’un côté, quand on prend l’artiste comme « modèle », une vie réussie est une création valorisant la capacité à créer sa vie comme une œuvre d’art : ce qui est mis en avant c’est une liberté comme autonomie, voire comme indépendance. La tentation de réenchanter le quotidien par l’extra-ordinaire ?
  • De l’autre côté, quand on prend le « soigneur » comme « modèle », réussir sa vie c’est faire attention à celui qui ne peut assumer à lui tout seul les conditions de son autonomie : car il se trouve dans une situation d’hétéronomie et plus clairement de dépendance. La tentative de « réenchanter le quotidien par l’ordinaire » ?

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Le mépris, entre oubli et reconnaissance

 

[Article paru dans le Sarkophage n°8]

Pourquoi, au sein de la gauche antiproductiviste, les questions de la reconnaissance et de son déni, le mépris, permettraient de faire une place pour une revendication politique de l’Humain ? Pourquoi ne pas admettre d’ajouter une dimension « morale » à toutes ces luttes sociales qui, aussi diverses soient-elles, ont en commun d’être des résistances dirigées contre toutes les formes d’inhumanité propres au capitalisme : mépris, humiliation, invisibilité, stigmatisation, condescendance, indifférence, etc. ?

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Reconnaissance et lutte des classes

A propos du livre d’Axel Honneth, La société du mépris (La Découverte, Paris, 2006). La question de la reconnaissance est une revendication morale et non matérielle. Est-ce à dire que toute revendication matérialiste doit être congédiée ? Et avec elle, faut-il aussi « ringardiser » toute lutte des classes ? Quels rapports entre lutte pour la reconnaissance et lutte des classes ?

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Les conflits sociaux ont-ils une logique morale ?

A propos du livre d’Axel Honneth, La lutte pour la reconnaissance (trad. française : Cerf, Paris, 2000).

Pourquoi s’intéresser à un livre publié en 1992, et comment ? D’autant que ce n’est pas un livre facile à lire ; surtout sa première partie – très « histoire de la philosophie » – consacrée à l’étude du thème de la lutte pour la reconnaissance chez Hegel (avant qu’il ne devienne la « dialectique du maître et de l’esclave » dans la Phénoménologie de l’Esprit).

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