Retour de Port-Leucate

Dans le cadre de l’Université d’été du NPA, à Port-Leucate, j’ai participé le lundi 24 août à 17 heures à un forum sur le thème : « Comment riposter ensemble ? », débat animé par Pierre-François Grond et lancé par Béatrice ( ?), du NPA. Etaient également présents et sont intervenus dans une salle bondée et surchauffée (il faisait plus de 30°C à l’extérieur), Roland Mérieux (Alternatifs et Fédération), Patrice Bessac (PCF), François Delapierre (PG) et Tarek (Forum Social des Quartiers populaires).

Comment riposter ensemble ? Alternatifs, PC, PG et FSQ.

La vidéo de la première série des interventions : http://www.radio-rouge.org/index.ph…

Toutes les interventions des représentants des partis ont porté sur la rentrée sociale avec en perspective les élections régionales de 2010. J’intervenais entre le PC et le PG.

Roland Mérieux, pour les Alternatifs et la Fédération, se demande quels sont les moyens pour changer la donne, quel projet politique, quelle attitude pour les élections régionales. Patrice Bessac, du PCF, évoque un « nouveau front populaire » : « Est-ce qu’on se donne les moyens de transformer la majorité idéologique qu’il y a dans ce pays, majorité fondamentalement critique dans son rapport au libéralisme et au capitalisme en majorité politique. Il nous semble que c’est possible, peut-être pas demain, peut-être pas après-demain, mais à court terme, c’est possible de faire en sorte qu’une majorité des gens qui se sont retrouvés dans la rue se reconnaissent dans le fait que nous fassions ensemble une force politique, à vocation majoritaire, s’engageant dans un projet de rupture avec le libéralisme ».

François Delapierre (PG) axera toute sa longue intervention sur « ce que peut être une stratégie de l’autre gauche, que nous pouvons porter ensemble, qui n’effacera pas les différences entre nos organisations, leur spécificité, leur programme… Tous ensemble nous pouvons non seulement parler de la crise, nous pouvons commencer à expliquer comment on peut en sortir pour sauver l’humanité tout entière ». Enfin, Tarek (?) osera ouvertement poser la question qui fâche, celle de la place des partis politiques dans la réalité sociale : « Il était où le Front de Gauche quand… ? ».

En conclusion, Pierre-François Grond recentrera les interventions du NPA en priorité sur le bloc social plutôt que sur les élections régionales (il reprend pour l’essentiel le texte de la déclaration commune PG-NPA : http://altergauche26.ouvaton.org/ar…).

Comment riposter ensemble ? Verbatim.

Dans un premier temps, je me suis présenté non pas en tant que « représentant » des Objecteurs de croissance mais seulement en tant qu’objecteur de croissance, l’un des quatre porte-parole de la campagne Europe-Décroissance, première apparition politique de l’objection de croissance en tant que telle dans une campagne électorale.

« Je suis ici pour répondre à une question qui est : « Comment riposter ensemble ? ». Alors, au départ, j’ai trouvé la question très facile parce que j’ai cru que la réponse était dans la question : « Comment riposter ? ». « Ensemble ! ». Cela me semble évident ; si c’est pour riposter chacun dans son coin, dans sa chapelle politique ou dans sa yourte, cela n’a absolument aucun intérêt.

Donc il me semblait que la réponse était évidemment dans la question ; et puis aussitôt après, pour compliquer les choses, je me dis que si on est ensemble, pourquoi se contenter de riposter. Juste riposter ? Juste une contre-offensive ? (1) … Mais une contre-offensive, ce n’est pas suffisant ; une riposte, ce n’est pas suffisant. Ce que nous nous envisageons, c’est une sortie définitive du capitalisme, c’est à dire que nous ne voulons pas simplement… (applaudissements), nous ne voulons pas nous contenter de, comme cela, donner un petit coup de pied. J’ai sous les yeux une revue espagnole, catalane (2) , « Nous pouvons vivre sans capitalisme » ; je trouve cela excellent.

Le seul problème, c’est que si, ensemble, nous devons ne pas nous contenter de riposter, je me pose aussitôt la question « Est-ce que nous sommes ensemble ? ». Cela veut dire quoi « ensemble » ?

Ensemble. Si je dis que nous sommes ensemble parce que nous sommes des anti-libéraux, vous allez m’applaudir. Si je dis que nous sommes ensemble parce que nous sommes des anticapitalistes, au NPA, formidable (applaudissements). Si je rajoute que nous sommes des anti-productivistes (cris, applaudissements). Et, je suis désolé (3), si je rajoute que nous sommes des anti-nucléaires (cris, sifflets, applaudissements)…

Je n’ai pas fini (dans la salle, quelqu’un crie «Il va adhérer »). « Ensemble », ce n’est pas simplement les organisations politiques, c’est aussi le reste des gens. C’est la première fois que je viens à Port-Leucate… hier soir, j’ai fait un tour sur le port – je ne suis pas venu écouter Olivier Besancenot… ce n’est pas bien – j’ai vu tout un ensemble de gens qui viennent pour se reposer, après avoir travaillé. La France qui se repose après avoir été la France qui travaille. Je ne suis pas sûr que « ensemble », nous puissions croire – je ne suis pas d’accord avec ce que tu as dit (4) – je ne suis pas sûr que les gens attendent que soudain nous apparaissions et que derrière notre avant-garde éclairée, ils se mettent à nous suivre ; je n’y crois plus.

Pour le dire autrement, il me semble quand même que dès que l’on voyage un peu dans le monde, on rencontre des tas de gens qui désirent le capitalisme. Critiquer le capitalisme en racontant qu’il est indésirable, c’est trop facile. Il y a tout un ensemble de gens qui trouvent que le capitalisme est désirable, et pas simplement par servitude volontaire, ils y adhèrent. Donc, sur ce point là, je rejoins toutes les interventions précédentes ; effectivement, il nous faut intervenir, il nous faut riposter.

Alors après je me suis reposé la question ; vous avez bien compris que quand j’essaie de penser « riposter » avec « ensemble », je n’y arrive pas parce que si on est ensemble, riposter n’est pas suffisant et puis, si on riposte, j’ai bien peur que l’on ne soit pas ensemble. Donc j’ai abandonné d’essayer de répondre à la question en regardant et « riposter » et « ensemble ».

Heureusement, il y a un troisième mot, « comment ». Alors cela, nous les objecteurs de croissance, on adore le « comment » ; parce que, on se veut, précisément, dans les alternatives concrètes, dans les contre-pouvoirs, dans les initiatives individuelles et associatives, on se veut « sur le terrain » et d’ailleurs, je dis que je parle pour les objecteurs de croissance mais la plupart des objecteurs de croissance, à partir du moment où, nous, nous avons accepté d’aller aux élections européennes, ils nous rejettent, on est des sociaux-traîtres (rires) parce que ce qui compte pour eux c’est ? lente envoyée non pas par internet mais par pigeon-voyageur, avec les toilettes sèches(quelques applaudissements). Je fais partie des décroissants qui pensent que nous devons avoir une visibilité politique parce que nous osons reposer la question du projet dans sa radicalité, et de la sortie définitive du capitalisme, sans attendre. De ce côté là d’ailleurs, tout à mon à mon extrême-gauche, il y a Roland Mérieux, j’ai sous les yeux un texte que j’ai beaucoup aimé. Je ne suis pas un élu alternatif, mais j’ai beaucoup aimé dans la Lettre des élus alternatifs n°51, l’excellent article sur « une stratégie autogestionnaire » (5) , c’est-à-dire sans attendre, par des initiatives concrètes.

Le seul problème, c’est que ces initiatives concrètes, il en existe des stocks. Nous, nous avons besoin d’elles mais… est-ce qu’elles ont besoin de nous ? Est-ce que les gens dans les résistances sociales ont besoin aujourd’hui d’être guidés, managés, coachés par des partis ? Qu’est-ce que nous avons à leur apporter ? Des projets tout prêts ? Tout écrits ?

J’ai fait toute une liste de sorties dès aujourd’hui du capitalisme :

  • coopérative ouvrière de Mondragon,
  • mines de charbon de Tower Galliery au Pays de Galles,
  • coopérative chèque-déjeuner ; cela, je viens de lire dans Le Monde, je ne suis pas très sûr parce que, franchement, c’est une coopérative… qui se pose la question des modes de production mais pas la question du produit ; ça, pour nous, c’est insuffisant. Donc « chèque-déjeuner, c’est très bien, j’ai lu l’article d’Hervé Kempf, mais « chèque » ? « déjeuner » ?
  • les entreprises « récupérées » en Amérique du Sud et en particulier en Argentine. Roland évoquait tout à l’heure les possibilités de reprise autogérée chez Molex, qu’est-ce que cela donne ? Les entreprises qui sont abandonnées, pourquoi ne pas, immédiatement, sortir du capitalisme avec des formes autogérées, économiquement viables, écologiquement responsables et humainement décentes ? Pourquoi attendre ?
  • coopératives intégrales…
  • villes lentes…
  • les AMAP, malgré tout ce que l’on peut penser des AMAP…
  • les SCOP, les SEL, REPAS, municipalités autonomes du Chiapas…
  • les tentatives de monnaie locale : Chiemgauer, banques du temps…

Tout un ensemble déjà d’initiatives qui, sans attendre, sortent du capitalisme. Donc je reprends ma question de tout à l’heure : « Nous avons besoin de ces gens pour sortir définitivement du capitalisme mais est-ce qu’ils ont besoin de nous ? ».

Alors, je vous pose la question autrement : « Dans quelle mesure est-ce qu’ils pourraient avoir besoin de nous ? ». Parce que, en fait, beaucoup d’entre nous, même, ne connaissent pas toutes ces initiatives-là, elles sont séparées, elles sont divisées. De ce point de vue, des organisations politiques peuvent servir à faire du lien et proposer des projets théoriques, des idées, pour penser la cohérence de ces initiatives. Dans le but, si on croit que c’est simplement parce que je vais faire une entreprise autogérée dans mon coin, que je vais aller acheter mon panier d’AMAP et que, de temps en temps, au club de rencontres j’irai au SEL ; si on croit que c’est comme cela que ça va changer les choses, cela ne va pas être suffisant.

Il faut effectivement atteindre quelque chose qui est de l’ordre de ce que nous appelons une « masse critique », un « seuil qualitatif », un « bloc social ». L’idée effectivement, c’est « comment riposter ensemble » en constituant ensemble un bloc social (applaudissements), un bloc social écologique, démocratique… féministe, altermondialiste…

Le but de ce bloc social, il est double :

  • d’une part la visibilité : beaucoup de combats sont invisibles. La plupart des combats, par exemple pour le féminisme, ont été des combats pour rendre visible le féminisme. J’aime beaucoup les passe-montagnes du sous-commandant Marcos dans le Chiapas parce qu’il montre par là que, pour être visible, il ne faut pas forcément montrer son visage. On peut se contenter d’un passe-montagne.
  • Rendre visible ces luttes pour atteindre un niveau de masse critique.

{On me signale que je suis en train de dépasser les 7mn prévues.}

Je vais reprendre l’expression de Roland tout à l’heure, je « rebondirai » tout à l’heure dans la suite des questions. Qu’est-ce que cela veut dire « aller aux élections » ? … Aller aux élections aujourd’hui dans l’impréparation du projet, si c’est pour, après les déçus de la gauche », produire les « déçus de l’autre gauche », méfions-nous. Je veux bien rentrer dans des discussions compliquées sur : « aux régionales, nous ne ferons pas d’accord politique au second tour, mais nous ferons des fusions qui seront des accords techniques », pourquoi pas ? Mais, pour faire quoi ? Pour changer comment ? »

Comment riposter ensemble ? Les trois pieds politiques des O.C.

J’avais préparé une intervention un peu plus longue et, par manque de « cuir politique », j’ai cessé sitôt que l’on m’a fait remarquer que je dépassais (10mn) le temps imparti. Pour information, le temps des autres : 14mn, 15mn, 17mn, 12mn.

J’avais prévu de suggérer que pour réussir à constituer un « bloc social » autour des alternatives concrètes – que j’aurais proposé de baptiser désormais les « sorties immédiates du capitalisme » – et des résistances sociales (contre-pouvoirs et mobilisations, front des luttes), il fallait disposer d’une stratégie qui ne soit ni réforme (trahison de l’accompagnement) ni révolution (mythe de la rupture dans les urgences) : bref, disposer d’une « stratégie de transformation ».

a) Cesser de croire que la prise des pouvoirs institutionnels est le préalable nécessaire à tout changement de monde ; pour cela :

  • « Socialiser la politique » (féminisme, libertés, l’être plutôt que l’avoir, les combats pour la reconnaissance et la dignité, migrations, « styles de vie », retrouver tous les « sans » : « sans-papier », « sans-domicile fixe », « sans-travail », sans-visage »…)
  • « Politiser la société » (car, même si tout n’est pas politique, il faut profiter des zones et des moments de conflits pour expérimenter les sorties immédiates du capitalisme).

Conséquence : les partis politiques doivent, avant de transformer la société, se transformer eux-mêmes (voir les Alternatifs qui veulent devenir un « parti-mouvement ») : mettre plus de réseau et moins de partidaire, plus d’horizontalité et moins de verticalité.

b) Une telle stratégie devrait s’équilibrer sur ces trois pieds (la constitution d’un « bloc social » par conjugaison des solidarités dans les luttes et des sorties immédiates du capitalisme ne va ni sans visibilité politique – élections, manifestations, pétitions – ni sans travail idéologique – changement de paradigme : après-développement, anti-productivisme, gratuité, usage/mésusage, etc.). Pour cela :

  • « Repolitiser la politique » : les questions centrales du pouvoir et de la démocratie ; aussi bien en interne dans l’organisation des organisations politiques qu’en externe, comme projet plus général (cumul, proportionnelle, délégation, municipalisme etc.).
  • « Resocialiser la société » : les questions des « produits » autant que celle des « moyens de productions », du travail contraint et du travail salarié, de l’allocation inconditionnel d’existence, du revenu maximum, des liens plutôt que des biens…

Conclure en faisant ressortir le lien entre « stratégie de transformation » et « décroissance » : la religion de la croissance économique est liée à une vision étapiste, peu ou prou sociale-démocrate, de la transition.

Comment riposter ensemble ? Clivages.

Eut lieu ensuite une courte série de questions posées par la salle : toutes finalement tournaient autour du fait de savoir s’il fallait riposter en donnant la priorité à la constitution soit d’un bloc politique (en vue d’une victoire aux prochaines régionales, d’une part sur un futur « bloc du centre-gauche » et d’autre part sur la droite) soit d’un bloc social (Fessenheim, marche pour l’emploi, droit des femmes, Copenhague, etc.) ; seule une question évoqua quand même la constitution d’un groupe de travail commun pour un « travail idéologique »..

Sur le débat social/politique (ce lundi, l’actualité de ce débat était la polémique entre NPA et CGT à propos de Molex), je suis intervenu en donnant la priorité à la constitution d’un bloc social.

Ce dernier tour de table me donne en fait l’occasion de proposer une description du comment nous nous situons par rapport au PC, PG, NPA et Alternatifs.

Premier clivage : la stratégie de transformation des OC suppose d’avoir abandonné l’espoir qu’une prise préalable du pouvoir permettra un changement politique de monde.

C’est en suivant un tel processus que la décroissance pourra être une décroissance choisie, volontaire, désirable. N’est-il pas évident qu’une décroissance subie, imposée par le haut (d’un Etat ou d’une république), contrainte ne pourrait jamais être une décroissance libre, gratuite (free en anglais) ?

Dans notre cas, la stratégie politique de transformation doit prendre le pas sur les tactiques électorales pour gagner les échéances électorales. Clairement : nous cessons de juger de la réussite d’une participation à des élections par les résultats. Si nous participons à des élections, ce sera de façon non électoraliste (concrètement : nous privilégions l’amont des campagnes à l’aval).

De ce point de vue, PG et PC ont une autre tactique que la nôtre : ils sont dans une logique majoritaire de l’autre gauche.

Nous nous trouvons dans ce cas, plutôt en convergence avec le NPA ; et avec les Alternatifs, s’ils adoptent eux-mêmes clairement une « stratégie autogestionnaire » de « révolution lente » ou « révolution longue ».

Deuxième clivage : en cas de processus de transformation par les sorties immédiates du capitalisme, est-ce en vue d’atteindre une « masse critique » suffisante pour faire basculer la société ou seulement en vue d’atteindre un point de conflit tel qu’un « grand soir » (électoral ou insurrectionnel) est rendu possible. Autrement dit, l’effet de masse critique est-il suffisant pour basculer ou est-il une condition pour créer un point de rupture ; est-il la rupture ou la condition de la rupture ?

De ce point de vue, le processus de transformation est-il seulement une étape (dont la fonction, au fond, est de prendre la place de la transition sociale-démocrate ou de la « dictature du prolétariat ») ou un processus sans fin de critique continue (en particulier des pouvoirs qui même dans notre stratégie de transformation ne peuvent pas ne pas apparaître). Ces questions sont difficiles et, en l’absence d’illusion de compréhension prophétique de l’Histoire qui pourrait permettre de trancher, elles ne devraient pas être sources de division idéologique.

Troisième clivage : ce « bloc social », auquel il faut donner la priorité sur le « bloc politique », est-il seulement constitué des « luttes de résistance contre » ? Sur ce point, les OC, me semble-t-il, doivent faire un effort de réflexion interne et externe fort pour expliquer que ce bloc social résulte de la conjugaison et des résistances (les « contre ») et des alternatives concrètes (les « pour »). Non seulement, il s’agit de faire de chaque résistance une occasion d’alternative mais réciproquement, une alternative concrète ne peut être une résistance que si elle est une sortie immédiate du capitalisme.

De ce point de vue, là encore il n’y a pas de quoi s’opposer au NPA mais seulement une occasion de défendre notre point de vue : le bloc social ne doit pas seulement se défendre mais il doit être aussi offensif.

Le « front des luttes » ne sera qu’une riposte s’il se prive de la force propositionnelle et expérimentale des « sorties sans attendre du capitalisme ».

Tout l’intérêt et la force de l’intervention de Tarek, du Forum Social des Quartiers populaires, étaient, en s’adressant si agressivement au Front de Gauche, PC et PG, de tenter de leur expliquer que la déception vis à vis des partis politiques ne vient quasiment pas de leurs défaites ; mais de leurs victoires. Qu’a fait la gauche (plurielle, celle à laquelle appartenait à l’époque le PC, déjà, et des adhérents du PG, déjà) concrètement quand, victoire électorale en poche, elle s’est trouvée en charge du pouvoir de changer ? Elle s’est reniée vers le social-libéralisme. Pourquoi cette orientation ? Par incapacité de rompre avec le mythe de la prise de pouvoir préalable, c’est-à-dire avec une stratégie, au fond, sociale-démocrate : PC et PG peuvent-ils oser discuter d’un tel aggiornamento ?

Au contraire, conjuguer résistances et alternatives dans un « bloc social », fondé idéologiquement sur un nouveau paradigme (celui d’une société anti-productiviste), ne dédaignant pas la visibilité politique (élections, manifestations, pétitions) rendra possible d’être ensemble pour ne pas se contenter d’une riposte, mais pour sortir définitivement du capitalisme.

Sur de telles bases, en ayant clairement conscience des clivages qui nous situent par rapport à des partenaires, je crois que l’AdOC aurait tout intérêt à entreprendre des cycles de discussion avec les Alternatifs et le NPA.

Néanmoins, l’absence, dans ce genre de discussion, de l’écologie radicale ne devrait-il pas aussi nous permettre d’envisager d’accepter un cycle de discussion avec le « pôle alter » d’Europe-Ecologie ?

Dans le double but de placer la Décroissance à la croisée non seulement de l’anti-capitalisme mais aussi de l’écologie radicale : là où se situe l’anti-productivisme.


(1) Aurélien Bernier, Ne soyons pas des altermondialistes benêts, http://abernier.vefblog.net/17.html…

(2) Crisi ? Podem ! Nous pouvons vivre sans capitalisme, http://www.podem.cat/fr/node/1336.

(3) En référence à mon voisin du PC qui s’était fait traiter de « nucléariste », dès le début de son intervention.

(4) Toujours en référence à mon voisin du PC qui défend l’idée d’une majorité critique actuelle.

(5) Intervention à l’Université d’été des Alternatifs, Une stratégie autogestionnaire, par Bruno Della Sudda, http://www.alternatifs.org/spip/une-strategie-autogestionnaire

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