Revenir à la société : la question du revenu inconditionel

ATTAC_ROUGEPour une conception ATTACquante et non pas défensive de la protection sociale : acquérir de nouveaux avantages en faveur de la société.

Publié dans la nouvelle Revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, Les Possibles, n° 01 Automne 2013, par Baptiste Mylondo et Michel Lepesant

Il peut sembler incongru de traiter du revenu inconditionnel dans un dossier sur la protection sociale : cette mesure aux multiples noms et variantes est souvent critiquée à gauche par ceux qui craignent qu’elle ne remette en cause notre système français de protection sociale. En effet, dans une optique libérale, il s’agirait bien de supprimer l’essentiel des prestations sociales avec, pour solde de tout compte, le versement d’un revenu minimum, le plus souvent d’un montant indécent. Un tel revenu minimum impliquerait alors une régression sociale, qui se traduirait notamment par une baisse des prestations mais surtout par la disparition de certains dispositifs assurantiels comme l’assurance chômage ou même l’assurance maladie (comme le redoute par exemple Michel Husson [1]). Lire la suite

Politique(s) de la décroissance

Politique(s) de la décroissance

politiquesCet essai est paru mi-juin 2013 ; je tiens à remercier les éditions Utopia. En cliquant sur ce lien, vous pouvez en lire les premières pages.

LE MOUVEMENT DE LA DÉCROISSANCE se doit d’entrer dans une nouvelle phase. Il ne suffit plus de dénoncer l’impasse de la croissance, d’annoncer la catastrophe qui vient, de prophétiser tel ou tel effondrement.

Entre le rejet du monde d’hier et le projet de celui de demain, c’est d’un trajet dont nous avons besoin, pour ici et maintenant. Mais est-ce suffisant de définir la décroissance comme un trajet ? Lire la suite

Notre décroissance n’est pas de droite

Notre décroissance n’est pas de droite

Ouvrage collectif que j’ai eu le plaisir de coordonner, paru en septembre 2012 chez Golias

Des lignes bougent, « indignation », « transition », « désobéissance », « sécession », des cris s’entendent pour tenter de bousculer une démocratie anesthésiée. A la croisée, en ligne de mire ou en filigrane, la « décroissance » doit maintenant prendre toutes ses responsabilités politiques. Bien sûr dans les « utopies concrètes », les alternatives, les expérimentations sociales, et cela dans tous les domaines de la « vie bonne » : alimentation, santé, logement, éducation, culture. Lire la suite

Pourquoi suis-je décroissant ?

[Des bouts de mails qui répondent explicitement à la question]

Les décroissants veulent-ils changer le monde ?

  1. Etre décroissant : la croissance n’est pas une solution mais un problème.
  2. Et pourtant nous voyons les choses du « point de vue des dominés » = nous sommes de gauche
  3. et même socialistes : du socialisme utopique (mais pour nous, une utopie n’est pas un « but » mais un « dé-but »). Lire la suite

La décroissance en tant que socialisme

[Ce texte est une version modifiée d’une contribution pour l’ouvrage collectif coordonné par Paul Ariès, Décroissance ou récession, paru en janvier 2012 aux éditions Parangon]

1. Quelle décroissance pour le socialisme ? C’est vers 1970, quand l’empreinte écologique tenait encore sur une seule planète, qu’il aurait peut-être été judicieux de refuser le terme de « décroissance ». Mais aujourd’hui les seuils sont largement dépassés et la question à poser est bien celle de la transition vers un monde dans laquelle il redeviendra possible de seulement objecter à la croissance. Si les « décroissants » veulent un retour vers le futur, c’est celui-là : cesser de déjà surconsommer le monde des générations futures, construire sans attendre une société afin qu’il redevienne un jour sensé d’objecter à la croissance

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Faut-il décroître ?

[Ce texte est paru dans le numéro 333 de Rouge&Vert, le « Journal des Alternatifs ». La question : « Faut-il décroître ? » m’était posée ainsi qu’à Stéphanie Treillet, économiste, membre de la Fondation Copernic, auteure de L’économie du développement. De Bandoeng à la mondialisation, (Armand Colin), qui répond « plutôt non » et à Stéphane Lavignotte, pasteur et militant écologiste, auteur de La décroissance est-elle souhaitable ? (Paris, Textuel), qui répond « plutôt noui ».]

Difficile même pour un partisan de la décroissance de répondre sans hésitation à une telle question car il n’y a peut-être plus de politique réelle avec un « il faut ». Si la décroissance est inévitable, nécessaire, inéluctable, alors l’action politique en se réduisant à l’accompagnement d’un effondrement prophétisé voire même à son accélération risque bien de perdre tout ce qu’elle peut comprendre de liberté, de choix, de volonté ((La critique contemporaine du capitalisme doit éviter de (re-)tomber dans les contradictions liberticides entre déterminisme économique et volontarisme politique.)).

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Décroissance : le temps des mesures

Décroissance : le temps des mesures

Prendre des mesures

Le temps n’est-il pas venu, après celui de « la décroissance générale », temps indispensable pour les audaces de la « décolonisation de l’imaginaire » et du « mot-obus », de passer au temps des « mesures de la décroissance » : proposer sans attendre des mesures de transition, pas de quoi faire un programme ((Projet et programme : http://confluences.ma-ra.org/?p=482)) mais quand même de quoi décrire des conditions réalistes pour, au fur et à mesure et dans la mesure de ce qu’il est possible de Faire, commencer par la décroissance. Si la décroissance n’est pas un but, c’est tout simplement parce qu’elle n’est qu’un commencement.

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Le socialisme utopique : ressource de la décroissance

[Ce texte est une version longue d’un article paru dans le numéro 10 de la revue Entropia, consacré aux « Sources de la décroissance »]

Une partie de la radicalité politique de la décroissance tient davantage du rhizome que de la racine : par son horizontalité et aussi par son potentiel de propagation. Un rhizome est une touffe de racines. Parmi elles, le « socialisme utopique » qui, à son tour, tient plus du rhizome que de la racine : car il y a des socialismes utopiques comme peut-être il existe des décroissances.

Faut-il s’en lamenter, craindre que la décroissance n’ajoute finalement que des dédales supplémentaires à l’intérieur du labyrinthe généralisé du capitalisme, regretter avec nostalgie la perte du Grand récit et du Parti Unique ?

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Entrer dans l’objection de croissance

Je réponds ici à une interrogation qui m’est envoyée et qui part de ce que j’ai écrit dans « Garder l’équilibre » (http://decroissances.blog.lemonde.fr/?p=235).

A propos de « ta synthèse sur les différents projets, intitulée Garder l’équilibre.

Je suis d’accord avec tes analyses, par contre je ne suis pas sûr de  bien comprendre ta stratégie.

Tu écris que tu « ne crois pas qu’il faille entrer en décroissance par la politique ». Cela signifie-t-il que si on part d’un projet concret, on peut ensuite légitiment agir dans le cadre de la politique électorale ? Lire la suite