Faut-il décroître ?

[Ce texte est paru dans le numéro 333 de Rouge&Vert, le « Journal des Alternatifs ». La question : « Faut-il décroître ? » m’était posée ainsi qu’à Stéphanie Treillet, économiste, membre de la Fondation Copernic, auteure de L’économie du développement. De Bandoeng à la mondialisation, (Armand Colin), qui répond « plutôt non » et à Stéphane Lavignotte, pasteur et militant écologiste, auteur de La décroissance est-elle souhaitable ? (Paris, Textuel), qui répond « plutôt noui ».]

Difficile même pour un partisan de la décroissance de répondre sans hésitation à une telle question car il n’y a peut-être plus de politique réelle avec un « il faut ». Si la décroissance est inévitable, nécessaire, inéluctable, alors l’action politique en se réduisant à l’accompagnement d’un effondrement prophétisé voire même à son accélération risque bien de perdre tout ce qu’elle peut comprendre de liberté, de choix, de volonté ((La critique contemporaine du capitalisme doit éviter de (re-)tomber dans les contradictions liberticides entre déterminisme économique et volontarisme politique.)).

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Arrêter les nucléaires

Arrêter les nucléaires

Nagasaki, 9 août 1945

La question du nucléaire est une entrée pour une remise en cause générale du monde actuel et de ses modes d’oppression ((Irène Pereira, Les grammaires de la contestation, chap.10, Paris, 2010.)) (domination politique, exploitation économique et discrimination culturelle) ; car le nucléaire est un « monde ». Pourquoi l’arrêter ?

De la réponse à cette question va dépendre directement le « comment ? » et surtout la question cruciale « quand ? ». C’est pour en discuter sans esquive que nous devrons définir 4 verrous à lever pour réellement ouvrir le débat :

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Décroissance et anti-nucléaire : (dans) quel sens ?

La question que je pose n’est pas de me demander si je dois choisir entre l’un ou bien l’autre ; être décroissant, c’est objecter au nucléaire. Pour une très simple raison : la voie du nucléaire est une voie absurde à cause du danger suprême que représente le nucléaire. Le nucléaire n’est pas une menace pour un mode de vie mais pour la vie elle-même.

Mais je me demande si je suis anti-nucléaire parce que décroissant ou si c’est l’inverse, anti-nucléaire d’abord et ensuite décroissant.

Je choisis la première voie pour deux raisons :

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