Politique(s) de la décroissance

Politique(s) de la décroissance

politiquesCet essai est paru mi-juin 2013 ; je tiens à remercier les éditions Utopia. En cliquant sur ce lien, vous pouvez en lire les premières pages.

LE MOUVEMENT DE LA DÉCROISSANCE se doit d’entrer dans une nouvelle phase. Il ne suffit plus de dénoncer l’impasse de la croissance, d’annoncer la catastrophe qui vient, de prophétiser tel ou tel effondrement.

Entre le rejet du monde d’hier et le projet de celui de demain, c’est d’un trajet dont nous avons besoin, pour ici et maintenant. Mais est-ce suffisant de définir la décroissance comme un trajet ? Lire la suite

Notre décroissance n’est pas de droite

Notre décroissance n’est pas de droite

Ouvrage collectif que j’ai eu le plaisir de coordonner, paru en septembre 2012 chez Golias

Des lignes bougent, « indignation », « transition », « désobéissance », « sécession », des cris s’entendent pour tenter de bousculer une démocratie anesthésiée. A la croisée, en ligne de mire ou en filigrane, la « décroissance » doit maintenant prendre toutes ses responsabilités politiques. Bien sûr dans les « utopies concrètes », les alternatives, les expérimentations sociales, et cela dans tous les domaines de la « vie bonne » : alimentation, santé, logement, éducation, culture. Lire la suite

Pourquoi suis-je décroissant ?

[Des bouts de mails qui répondent explicitement à la question]

Les décroissants veulent-ils changer le monde ?

  1. Etre décroissant : la croissance n’est pas une solution mais un problème.
  2. Et pourtant nous voyons les choses du « point de vue des dominés » = nous sommes de gauche
  3. et même socialistes : du socialisme utopique (mais pour nous, une utopie n’est pas un « but » mais un « dé-but »). Lire la suite
Dépenses de droite et recettes de gauche

Dépenses de droite et recettes de gauche

© Illustration de Jean-Luc Boiré

Dans une comptabilité, il y a 2 colonnes, celle des entrées et des sorties, des crédits et des débits, des dépenses et des recettes ; l’équilibre se fait en baissant l’une ou en montant l’autre.

  • Être de droite : c’est baisser les dépenses – parce que les pauvres ne sont jamais assez pauvres.
  • Être de gauche : c’est monter les recettes – parce que les riches sont toujours trop riches.

Rappelons aussi qu’il n’est pas interdit de (dé-)penser qu’une dépense (publique) comme une charge (sociale) sont en fait des revenus indirects ; réduire les dépenses ou baisser les charges, c’est baisser les revenus des « citoyens/salariés/ayant-droit » qui sont aussi des → consommateurs ((Sur cette contradiction des citoyens-consommateurs qui sont aussi des travailleurs : « on ne peut rien imaginer de pire », suivant la définitive sentence d’Hannah Arendt.)).

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Le socialisme utopique : ressource de la décroissance

[Ce texte est une version longue d’un article paru dans le numéro 10 de la revue Entropia, consacré aux « Sources de la décroissance »]

Une partie de la radicalité politique de la décroissance tient davantage du rhizome que de la racine : par son horizontalité et aussi par son potentiel de propagation. Un rhizome est une touffe de racines. Parmi elles, le « socialisme utopique » qui, à son tour, tient plus du rhizome que de la racine : car il y a des socialismes utopiques comme peut-être il existe des décroissances.

Faut-il s’en lamenter, craindre que la décroissance n’ajoute finalement que des dédales supplémentaires à l’intérieur du labyrinthe généralisé du capitalisme, regretter avec nostalgie la perte du Grand récit et du Parti Unique ?

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Décroissance et politique

Lors du séminaire Habiter : une critique de l’urbanisme, organisé à Saint-Jean du Gard par le Rassemblement de l’Ecologie Radicale (anti-capitaliste, altermondialiste, anti-productiviste), j’ai répondu à ces quelques questions  posées par Michael :

 1. En quoi l’objection de croissance (ou décroissance) renoue-t-elle avec les principes et valeurs du socialisme utopique qui a précédé la Commune de 1871 ? 

 

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Le mépris, entre oubli et reconnaissance

 

[Article paru dans le Sarkophage n°8]

Pourquoi, au sein de la gauche antiproductiviste, les questions de la reconnaissance et de son déni, le mépris, permettraient de faire une place pour une revendication politique de l’Humain ? Pourquoi ne pas admettre d’ajouter une dimension « morale » à toutes ces luttes sociales qui, aussi diverses soient-elles, ont en commun d’être des résistances dirigées contre toutes les formes d’inhumanité propres au capitalisme : mépris, humiliation, invisibilité, stigmatisation, condescendance, indifférence, etc. ?

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Le tissu altermondialiste

Qu’est-ce qui nous différencie de tous les appels à l’union du rouge et du vert ?

Viendra peut-être un jour où la réponse à cette question ira de soi mais cela ne semble pas le cas aujourd’hui et c’est pourquoi le temps de la réponse doit être précédé de questions préalables qui sont autant d’objections qu’il faut bien affronter si l’on veut qu’une réponse puisse être audible :

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