De l’antiproductivisme à la construction d’un espace écologique commun

Intervention en août 2013 à Notre Dame des Landes.

Définition de l’espace écologique : penser et agir entre un plancher et un plafond. Sur le modèle de l’empreinte écologique :

  • Sous un plafond, une vie décente n’est plus possible et c’est la misère (manque du nécessaire).
  • Au-delà d’un plancher, c’est le dépassement insoutenable de la capacité de charge écologique de notre planète.

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La politique à partir de l’indignation

Article paru dans le premier numéro des Zindigné(e)s, aux éditions Golias.

Les décroissants ne peuvent ressentir spontanément que de la sympathie pour les Indignés. Comme en témoigne le vocabulaire sans cesse rencontré : « ras-le-bol, contre-culture, minorité, festif, exaspération, anarchique, protestataire, romantique, non-violence, démocratie, radicalité, autonomie, insurrectionnel, vivant, international, recherche… » Mais dans la mesure où les décroissants se définissent comme mouvement politique, ils doivent aussi se demander si Lire la suite

La fatigue d’Atlas

La fatigue d’Atlas

La « fatigue d’Atlas », c’est la fatigue de l’homme ordinaire qui subit la pression de devoir être au centre de son monde, de sa vie, de ses valeurs, comme s’il devait toujours être à l’origine de toute sa vie.

Comment néanmoins respecter une dignité du quotidien, comment vivre dans la décence ordinaire ? En quoi pourrait bien consister un réel/effectif ((qui soit désirable, viable et soutenable.)) « souci du quotidien » = dans une originalité/créativité ordinaire/quotidienne ou bien dans le soin/sollicitude qu’on y met ?

Gilbert Garcin – Atlas heureux

Quel serait l’exemple d’une vie réussie au quotidien ? Hésiter ente 2 « modèles » : l’artiste ou le « soigneur » ?

  • D’un côté, quand on prend l’artiste comme « modèle », une vie réussie est une création valorisant la capacité à créer sa vie comme une œuvre d’art : ce qui est mis en avant c’est une liberté comme autonomie, voire comme indépendance. La tentation de réenchanter le quotidien par l’extra-ordinaire ?
  • De l’autre côté, quand on prend le « soigneur » comme « modèle », réussir sa vie c’est faire attention à celui qui ne peut assumer à lui tout seul les conditions de son autonomie : car il se trouve dans une situation d’hétéronomie et plus clairement de dépendance. La tentative de « réenchanter le quotidien par l’ordinaire » ?

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Ethique et décroissance

A l’occasion de la 6° sortie de la revue Entropia, un numéro consacré à l’éthique, étaient réunis le samedi 4 avril 2009 une vingtaine d’intervenants autour de 3 tables rondes.

  • « Crise éthique, éthique de crise », animée par Serge Latouche.
  • « De quelle crise parlons-nous ? », animée par Jean-Claude Besson-Girard.
  • « Crise et transitions politiques », animée par Jan Spurk.

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Dissidence et décence ordinaire

La résistance au mal ne suppose ni héroïsme ni esthétisation de la contre-violence : juste la capacité de dire non à l’insupportable dans les circonstances les plus usuelles de la vie ordinaire : nous n’avons pas tant besoin de virtuoses de la morale que d’être humains dotés de ce que Orwell nomme la common decency.

Michel Terestchenko (Revue du M.A.U.S.S. n°39, pp.321-331) évoque 3 formes de cette résistance ordinaire :

  • la capacité à traiter comme des êtres humains à part entière ceux qu’une idéologie ou un régime excluent de l’humanité : c’est la bonté, toute simple.
  • le souci de la vérité (car l’usage politique du mal est toujours secret ; aussi importe-t-il d’en assurer la publicité).
  • la volonté de maintenir un rapport authentique au langage, car « les mots sont importants » : « écrire ou réciter des poèmes, dans ces circonstances, c’est encore croire au sens, à une certaine forme de rationalité qu’exprime la grammaire » (p.329).

Le mépris, entre oubli et reconnaissance

 

[Article paru dans le Sarkophage n°8]

Pourquoi, au sein de la gauche antiproductiviste, les questions de la reconnaissance et de son déni, le mépris, permettraient de faire une place pour une revendication politique de l’Humain ? Pourquoi ne pas admettre d’ajouter une dimension « morale » à toutes ces luttes sociales qui, aussi diverses soient-elles, ont en commun d’être des résistances dirigées contre toutes les formes d’inhumanité propres au capitalisme : mépris, humiliation, invisibilité, stigmatisation, condescendance, indifférence, etc. ?

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La décence et le tabou

Car votre dignité dépend désormais de moi et il m’appartient de mettre en acte ce potentiel à travers notre rencontre.

Ivan IIllich, La corruption du meilleur engendre le pire – Actes Sud, 2007.

Lu dans Raffles et Miss Blandish de G. Orwell (octobre 1944)

  • Ces histoires appartiennent à une époque où les gens avaient des principes, même si ces principes étaient ridicules. La formule qui les résume, c’est : « Cela ne se fait pas. » La ligne de démarcation qu’elles tracent entre le bien et le mal est aussi absurde qu’un tabou polynésien, mais comme le tabou, elle a cet avantage d’être acceptée par tous.
  • L’affection, l’amitié, la bienveillance ou même la simple politesse.
  • Les gens ordinaires vivent toujours dans un monde de bien absolu et de mal absolu, monde dont les intellectuels se sont depuis longtemps détachés.

Reconnaissance et lutte des classes

A propos du livre d’Axel Honneth, La société du mépris (La Découverte, Paris, 2006). La question de la reconnaissance est une revendication morale et non matérielle. Est-ce à dire que toute revendication matérialiste doit être congédiée ? Et avec elle, faut-il aussi « ringardiser » toute lutte des classes ? Quels rapports entre lutte pour la reconnaissance et lutte des classes ?

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Les conflits sociaux ont-ils une logique morale ?

A propos du livre d’Axel Honneth, La lutte pour la reconnaissance (trad. française : Cerf, Paris, 2000).

Pourquoi s’intéresser à un livre publié en 1992, et comment ? D’autant que ce n’est pas un livre facile à lire ; surtout sa première partie – très « histoire de la philosophie » – consacrée à l’étude du thème de la lutte pour la reconnaissance chez Hegel (avant qu’il ne devienne la « dialectique du maître et de l’esclave » dans la Phénoménologie de l’Esprit).

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