5 thèses décroissantes sur les GJ

Portrait de M. Castaner, réalisé à partir de photos de victimes des actes des forces de l’ordre depuis le 17 novembre 2018. Montage réalisé par Loic De Paujantec, merci à lui.

Il faut reconnaître la dimension déconcertante du mouvement des gilets jaunes (GJ). Sans difficulté chacun peut constater un premier paradoxe : d’une part, il possède un potentiel de refus qui pourrait évoquer l’une des deux dimensions de la définition que Cornelius Castoriadis donnait de la révolution : son émergence et sa spontanéité imprévisibles ; mais d’autre part (et « en même temps »), il faut aussi admettre qu’il ne remplit pas du tout la seconde condition, c’est-à-dire sa dimension imaginaire, en vue d’une auto-institution de la société par elle-même.

A cause de cela, ce mouvement n’est pas un « mouvement social » si on entend par là un mouvement qui revendique, explicitement ou non, une vision « autre » de la société : ce sont des individus en mouvement. Lire la suite

Les tyrans du Moi post-moderne

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Les 3 « despotes » du Moi, dans la seconde topique freudienne

Il faut partir de la seconde topique freudienne, qui permet à Freud de présenter un Moi écartelé entre 3 « despotes », le Ca, le Surmoi et la réalité. « Ah, la vie n’est pas facile », car le Moi doit diplomatiquement trouver son équilibre psychique en essayant de ne jamais (trop) mécontenter aucun des 3 despotes.

Byung-Chul Han (Pyŏng-ch’ŏl Han), La Société de fatigue, Circé (2010, 2014 pour la traduction française). Lire la suite

Notre décroissance n’est pas de droite

A l’occasion de la critique du livre de François-Xavier Bellamy publié sur le site de la MCD (maison commune de la décroissance), il me semble opportun de rappeler le début de l’introduction que j’avais écrite pour l’ouvrage collectif que j’avais dirigé Notre décroissance n’est pas de droite (Golias, 2012).

Des lignes bougent, « indignation », « transition », « désobéissance », « sécession », des cris s’entendent pour tenter de bousculer une démocratie anesthésiée. A la croisée, en ligne de mire ou en filigrane, la « décroissance » doit maintenant prendre toutes ses responsabilités politiques. Bien sûr dans les « utopies concrètes », les alternatives, les eSpérimentations sociales, et cela dans tous les domaines de la « vie bonne » : alimentation, santé, logement, éducation, culture, transport, monnaie… Bien sûr dans la visibilité de la vie politique classique – élections, pétitions, manifestations, convergences – sans jamais se départir d’un bénéfique scepticisme vis à vis du « spectacle » politique comme de la « brigue » du pouvoir. Bien sûr aussi dans le « travail du projet » : car il s’agit de rêver, de se projeter, de viser une cohérence.

C’est dans ce cadre qu’un besoin de clarification est apparu : celui de rappeler que « notre décroissance n’est pas de droite ». Lire la suite