La démocratie, sans illusion, sans attendre

Contribution au dossier du numéro 7 de Moins !, journal romand d’écologie politique : « Faut-il sauver la démocratie ? »

Une distinction claire entre « décroissance » et « objection de croissance » permet de lever certains malentendus avec la politique. L’objection de croissance est une conviction critique qui prend clairement conscience qu’économiquement la croissance n’est pas la solution mais juste le problème. La « décroissance » ajoute une responsabilité : celle de la transition politique pour passer d’une société de croissance à des sociétés d’a-croissance. La « décroissance » n’est donc pas un « projet » de société mais juste le nom d’un « trajet » politique. Et c’est là que les difficultés débutent.

Car les décroissants ne veulent pas à leur tour subir les critiques qu’ils adressent à la politique. Comment ignorer une saine réticence libertaire vis à vis du Pouvoir : car, si nous l’obtenions, la question n’est pas de savoir ce que nous en ferions mais ce qu’il ferait de nous ? Lire la suite

La décroissance doit-elle positiver ?

Participation au débat dans les colonnes du Journal La Décroissance, numéro 102 de septembre 2013. Avec des contributions de Miguel Benasayag, Jean-Pierre Lebrun, Serge Lellouche et Pierre-Emmanuel Neurohr. Je mets ici une réponse plus longue et je remercie le journal, et plus particulièrement Pierre pour l’attention qu’il a accordée à mes propos, lors de notre rencontre cet été à NDDL. [Bien évidemment, ma participation à ce numéro ne signifie pas que j’adhère à tout ce qui y est publié : je ne crois pas la transition soit un « piège à cons » et sur cette question précise (de la transition comme « dépolitisation ») je préfère l’angle d’attaque critique que le journal S!lence a commencé dans son numéro de septembre et qu’il reprendra en novembre ; mais j’ai beaucoup apprécié la chronique de Thierry Brulavoine sur « les couleuvres de la politique », ainsi que l’ITW sur la croissance perverse.]

Je suis absolument persuadé que cette dispute sur les mots repose sur des désaccords sur le fond et qu’elle occulte les discussions essentielles sur le sujet de la décroissance. Telle est la question fondamentale : peut-on rester simplement objecteur de croissance, ou doit-on opter pour la décroissance ? Lire la suite