Faut-il décroître ?

[Ce texte est paru dans le numéro 333 de Rouge&Vert, le « Journal des Alternatifs ». La question : « Faut-il décroître ? » m’était posée ainsi qu’à Stéphanie Treillet, économiste, membre de la Fondation Copernic, auteure de L’économie du développement. De Bandoeng à la mondialisation, (Armand Colin), qui répond « plutôt non » et à Stéphane Lavignotte, pasteur et militant écologiste, auteur de La décroissance est-elle souhaitable ? (Paris, Textuel), qui répond « plutôt noui ».]

Difficile même pour un partisan de la décroissance de répondre sans hésitation à une telle question car il n’y a peut-être plus de politique réelle avec un « il faut ». Si la décroissance est inévitable, nécessaire, inéluctable, alors l’action politique en se réduisant à l’accompagnement d’un effondrement prophétisé voire même à son accélération risque bien de perdre tout ce qu’elle peut comprendre de liberté, de choix, de volonté ((La critique contemporaine du capitalisme doit éviter de (re-)tomber dans les contradictions liberticides entre déterminisme économique et volontarisme politique.)).

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Dépenses de droite et recettes de gauche

Dépenses de droite et recettes de gauche

© Illustration de Jean-Luc Boiré

Dans une comptabilité, il y a 2 colonnes, celle des entrées et des sorties, des crédits et des débits, des dépenses et des recettes ; l’équilibre se fait en baissant l’une ou en montant l’autre.

  • Être de droite : c’est baisser les dépenses – parce que les pauvres ne sont jamais assez pauvres.
  • Être de gauche : c’est monter les recettes – parce que les riches sont toujours trop riches.

Rappelons aussi qu’il n’est pas interdit de (dé-)penser qu’une dépense (publique) comme une charge (sociale) sont en fait des revenus indirects ; réduire les dépenses ou baisser les charges, c’est baisser les revenus des « citoyens/salariés/ayant-droit » qui sont aussi des → consommateurs ((Sur cette contradiction des citoyens-consommateurs qui sont aussi des travailleurs : « on ne peut rien imaginer de pire », suivant la définitive sentence d’Hannah Arendt.)).

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